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05/11/2007

La preuve par l'exemple dont je me serais très, très, très largement passé...

Voilà, ça avait commencé comme ça, pour la Toussaint, je faisais le pont et devias rejoindre ma mère en Savoie et ma tante venue du Sud pour l'occasion tout comme en profiter pour revoir ma grand-mère, mon frère ainsi que ma nièce/filleule. J'avais les billets de train depuis un mois. Et puis mercredi, j'ai juste eu pas envie de les voir, envie de rester chez moi, de profiter de Paris, voir mes amis, alors j'ai tout annulé...

Et puis jeudi matin, C. pour "celle que j'aime" m'appelle. Elle est particulièrement tendre, franchit un nouveau pas: elle se livre à moi, ces moment sont ô combien précieux avec elle. Alors, j'en profite, reste une bonne heure au téléphone, sacrifie la course à pied pour continuer de parler avec elle. Je me sentais vraiment bien ce matin là, avec elle. C. me fait un peu la morale, me rappelle qu'une maman, on en a qu'une, qu'elle devait se faire une joie de me retrouver et moi comme la petite conne égoïste que je suis, j'avais tout gâché pour mon petit plaisir personnel. Et puis quand c'est elle qui me dit les choses, c'est différent, justement parce que c'est elle. Alors à peine raccrochée avec elle, j'appelle ma maman qui à l'instant où elle a décroché a crû que je lui avais fait une surprise que je l'attendais dans le jardin comme je l'avais fait tant de fois jusqu'à présent. Mais sauf que cette fois-ci, je l'appelais depuis chez moi, elle était triste, je le sentais bien dans sa voix, certainement déçue aussi parce qu'elle avit dû tout programmé pour que je passe un super week-end et qu'elle me concocte tous mes petits plats préférés. Alors, j'ai pas su résister, je lui ai dis: "Je suis malade, j'ai mal à la gorge et en plus, je ne peux me plaindre à personne, ni même me faire chouchouter, je prends le premier train pour venir te rejoindre. Dis tu viendras me chercher?"

Et c'est après que tout s'est enchainé. Jeudi, C. s'occupait de sa maman, son papa étant hospitalisé. Vendredi, elle retourna travailler parce que la France n'est pas uniquement peuplée de fonctionnaires. C. me manque terriblement. Je fais le parallèle avec la semaine précédente et ces 23h39 avec elle qui se passèrent si merveilleusement bien. Et puis, la situation de son papa à l'hôpital se complique, s'aggrave, tout s'enchâine très vite. On lui donne 72heures maximum. Même pas 24heures après cette effroyable échéance, le papa de mon adorée nous a quitté. Samedi 06h30: je reçois un Sms de sa part qui me fait part du fait qu'il est décédé dans le courant de la nuit. Je crois que ça ne m'était pas arrivé depuis mes 9 ans quand je pleurais quand mon grand frère était triste, quand j'aurais tout donné pour que je souffre moi plutôt que lui. Et là, c'était exactement pareil, son papa, je ne le connaissais pas, mais sur mes joues c'étaient bien des larmes qui coulaient. J'ai jamais été autant peiné de ma vie à l'annonce d'un décès que ce jour là. Parce qu'on ne pouvait pas faire plus de mal à l'être que j'aime du plus profond de mon coeur qu'en lui enlevant définitivement l'un de ses parents. Il n'y a pas de choses plus injustes et intolérables que la mort.

Je me suis retrouvée désemparée. Je ne savais plus quoi dire, quoi lui écrire. Parce qu'aucun mot ne peut réconforter. J'aurais pu lui dire, tu as eu la chance de vivre avec lui des moments exceptionnels pendant 42 ans, mais un être cher part toujours trop tôt. J'aurais pu lui dire, c'est une étape incontournable de la vie, tu es une femme maintenant mais non, elle est ... une femme qui a perdu son papa. J'aurais pu lui dire, le temps apaisera ta peine mais si le temps passe, l'absence reste. J'aurais pu lui dire, il ne souffre plus dorénavant, il est au Paradis avec tous ceux qui sont partis avant lui et toutes ces phrases qu'on entend dans ces cas là, comme toutes mes condoléances qui est la formule la plus vide de sens. J'aurais aimé trouver les mots ... mais je n'y arrivais pas. Parce que dans ces moments là, ce que j'aurais vraiment aimé, c'est la serrer très, très, très, très fort dans mes bras, la laisser poser sa tête sur mon épaule, essuyer une à une ses larmes tout en lui susurrant à l'oreille, TOUT ce que je ressens pour elle, à quel point son père devait être formidable pour avoir pu donner naissance puis élever une femme aussi exceptionnelle qu'elle. Mais le problème, c'est que mes bras devaient bien être à ce moment là à 900 km d'elle.

Bien sûr, j'ai eu aussi peur pour moi, parce que ces derniers mois, on dirait que le sort s'acharne sur elle et à chaque mauvaise nouvelle, j'étais effacé de sa vie d'un revers de la main. Mais je n'y ai pas pensé tout de suite et puis je crois que je me forçais à écarter l'idée parce que ce qui comptait et ce qui compte toujours, ce n'est pas moi, mais elle. Peu importe la décision qu'elle prendrait vis-à-vis de moi, tout ce dont j'avais envie c'était: être à ses côtés dans cette terrible épreuve.

pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvée face à la page blanche. Une grande carte de condoléances que j'ai bien dû appréhender pendant plus de 3 heures avant de pouvoir y inscrire le premier mot: son prénom! Et puis des heures et des heures de réflexion, des dizaines de pages de brouillon pour tenter de retranscrire ce que j'ai sur le coeur sur cette si petite carte. Ne pas pouvoir lui écrire: Je t'aime alors que c'est la seule chose que j'ai envie de lui hurler... Il n'y a pas un instant sans que je ne pense à elle, à ce qu'elle fait, à sa peine, à mon envie de la rejoindre, à ne pas pouvoir supporter de la savoir triste....

Voilà, mon amour, je tenais à te le dire, JE T'AIME, tu as raison un papa ou une maman, on en a qu'un dans une vie et il faut savoir en profiter à chaque instant avant qu'il ne soit trop tard. Mais malheureusement comme cette phrase que tu as formulé le premier soir où nous nous sommes rencontrées: "Tu as le choix entre ... et ...". Cette phrase qui a sonné tellement vraie par la suite. Tout comme toi, je me serais largement passé de ce tragique exemple...

21:16 | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

J'ai appris cette terrible nouvelle hier aprés-midi. Elle m'a transporté des années en arrière d'un seul coup.

La douleur est si présente qu'elle en devient une compagne pour de longs mois. C. aura besoin d'aide, il faudra être présent... mais comme tu le dis, le temps finira par faire son oeuvre. Embrasse la pour moi.

Écrit par : 4largo | 06/11/2007

Alors, bisous lointains d'une presque inconnue... (et Fée à ses heures)

Écrit par : Eperdue | 11/11/2007

Pardonne-moi, pour toutes mes absences, c'est pas facile, j'ai du mal, j'ai très mal...;(( Merci ma puce.

Écrit par : Lilou | 12/11/2007