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21/11/2007

La grève vue par l'Amazone ou comment pécho à vélo...

Grâce à cette putain de grève qui m'exacerbait il y a encore peu. Je vous parle de cette époque où je n'avais pas encore perçue tous les bénéfices de cette situation.

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J'habite assez loin de mon lieu de travail, ce qui me permit mercredi dernier de télé-travailler, ce qui en clair signifie: regarder la télé au lieu d'aller travailler. Mais avant de bénéficier de cette journée de congé masquée. En grande reporter sans frontière que je suis, je me lève à 6h10 pour voir si éventuellement un bus aurait eu l'opportunité de passer par là, même si le but ultime était d'appeler ma chef depuis la rue où les klaxons se répondaient en coeur et donnait encore plus de crédibilité au fait que je sois retenue en détention à 2mètres de chez moi et que je préférais aller me recoucher travailer depuis chez moi plutôt que de passer 4heures dans les transports. Après avoir laissé un message bouleversant à ma chef du style, je viens de rejoindre Ingrid Betancourt pour quelques années et ne pourrait pas, par conséquent, venir travailler pendant les 30 prochaines années. Je rentre chez moi... Enfin, j'aurais aimé le faire SI...la veille, je n'avais pas désolidariser de mon trousseau de clé, le bip qui me permet de franchir la porte de l'immeuble, vous savez le même bip qui était à l'instant même sur ma table basse du salon alors que moi j'étais dehors par -56°C en train de contempler ma pauvre petite clé de ma porte que je n'allais pas pouvoir revoir avant qu'un gentil voisin parte travailler, dans quoi à peine 1h et puis c'est pas comme si je n'étais sortie que pour passer un coup de fil et que je m'étais habillée comme si on était en plein été, là j'avais mis quand même un débardeur avec des manches 3/4! Non ne m'applaudissez pas c'est mon métier!!!

Et puis le jeudi, je sais pas ce qui m'a prit, je suis allée travailler et c'est là que tout a commencé à s'emballer. Je suis arrivée au travail, il était 10h30 après avoir eu l'idée absolument géniale de prendre un bus et puis même de l'attendre pendant 40 minutes ce bus. C'est vrai, un bus, c'est bien en période de grève et puis c'est pas comme si tous les axes routiers était tellement saturés qu'il faille 3h pour faire 2km. Quand, je suis arrivée au travail, j'ai dû tellement bien joué la fille dégoutée de ne pas avoir pu travailler la veille et d'arriver si tard aujourd'hui que ma chef a pris l'initiative de s'occuper de moi. Et là, c'est le drame. Un mot qui a ruiné tous mes plans: COVOITURAGE. Parce que le covoiturage c'est bien, c'est pratique et tout mais qui c'est qui a la chance d'habiter à côté de la Directrice Administrative et Financière et du Directeur Général, hein, je vous le demande???? Youhouhhhhh, c'est bibi. Jeudi soir, j'ai pris mon mal en patience et suis rentrée avec la DAF et puis c'est pas comme si elle avait un boulot à responsabilité et qu'elle parte à 20h du boulot, non là, il était 19h30 absolument rien à voir!! Pffiou et moi qui pensais m'esquiver à l'heure du goûter avec un prétexte tout trouvé, je me retrouve à faire des heures sup' connaissance avec les femmes de ménage.

Vendredi matin, j'ai tenté le tout pour le tout et ait fait une bonne partie du chemin en vélib' et je dois dire que ça roulait plus que bien et que j'ai même trouvé sympa de pouvoir me ballader dans Paris à cette heure-ci, alors j'ai pris tout mon temps; J'ai découvert de nouvelles rues, des adresses qu'il faudrat que j'aille explorer, des restaurants à essayer.

Et ça m'a tellement plû que depuis je fais le chemin matin et soir à vélo. J'essaye d'emprunter chaque jour un nouvel itinéraire pour changer et découvrir. Du coup, la grève des transports n'a plus vraiment d'incidence sur mon temps de transport. A part peut-être le fait qu'elle me permet de me lever une demi-heure plus tard et de rentrer beaucoup plus tôt chez moi; Finalement, je l'aime bien cette grève. Eh, les cheminots, ne lâchez rien, si vous pouviez prolonger jusqu'à cet été, ce serait vraiment nickel, avec les jours qui s'allongent, le retour du soleil et des températures positives, je suis sûre que vous seriez soutenu par plus de monde dans le cadre de vos revendications.

 

2651b713428d0c709b952e2b1bec7dc0.jpgEn fait le seul incovénient de cette grève, c'est sans doute le problème logistique des vélib'. Souvent le soir comme ce soir d'ailleurs, je suis obligée d'attendre qu'un vélo revienne à la base avant de pouvoir l'emprunter. Et comme, je suis rarement la seule, je patiente, puis je trépigne d'impatience, puis j'ai envie de tous les tuer, puis je rivalise d'ingéniosité pour pouvoir récupérer le premier qui arrive malgré la queue. Et ce soir, vlatipa qu'il devait y avoir 6 personnes qui attendaient avant moi. Quand...arrive un vélib' droit devant moi. Convaincue que celui-là était pour moi. Je m'avance vers lui. Quand la chef de file des personnes qui attendaient avant moi me lance un : "Excusez-moi, mais ça fait 10 minutes que j'attends. Vous ne voulez pas faire la queue comme nous." Et puis comme j'avais d'autres projets pour mes 10 prochaines minutes que de poireauter comme une conne qu'un Vélib' veuille bien se donner la peine de venir se garer ici et aussi, je dois bien le reconnaître parce que c'était une femme. Très poliment, je lui répond: "Je suis désolée, madame, mais je suis arrivée juste avant vous" je la vois alors qui commence à s'énerver jusqu'à ce que je poursuive ma phrase: "oui, j'en suis sûre, je vous observe depuis que vous êtes arrivée et je dois bien l'avouer, je suis absolument obnubilée par votre beauté. Vous savez que vous êtes magnifique, au moins? Vous voyez, je ne risquais pas de vous passer devant au contraire, j'aurais été prête à prier pour qu'aucun vélo n'arrive pour ne serait-ce que me laisser encore même l'espace d'une seconde subjuguée par votre charme et patati et patata....". Là elle a bredouillé un truc du style, c'est la première fois qu'une autre femme me drague mais j'étais déjà trop loin pour finir de l'écouter parler. Et le pire c'est qu'elle m'a cru. Eh la madame de la station Vélib, tout ce que je voulais c'était rentrer CHEZ MOI pas AVEC TOI...

Heureusement, demain, une nouvelle journée de grève s'annonce, j'ai eu peur que tout revienne à la normale!!

05/11/2007

La preuve par l'exemple dont je me serais très, très, très largement passé...

Voilà, ça avait commencé comme ça, pour la Toussaint, je faisais le pont et devias rejoindre ma mère en Savoie et ma tante venue du Sud pour l'occasion tout comme en profiter pour revoir ma grand-mère, mon frère ainsi que ma nièce/filleule. J'avais les billets de train depuis un mois. Et puis mercredi, j'ai juste eu pas envie de les voir, envie de rester chez moi, de profiter de Paris, voir mes amis, alors j'ai tout annulé...

Et puis jeudi matin, C. pour "celle que j'aime" m'appelle. Elle est particulièrement tendre, franchit un nouveau pas: elle se livre à moi, ces moment sont ô combien précieux avec elle. Alors, j'en profite, reste une bonne heure au téléphone, sacrifie la course à pied pour continuer de parler avec elle. Je me sentais vraiment bien ce matin là, avec elle. C. me fait un peu la morale, me rappelle qu'une maman, on en a qu'une, qu'elle devait se faire une joie de me retrouver et moi comme la petite conne égoïste que je suis, j'avais tout gâché pour mon petit plaisir personnel. Et puis quand c'est elle qui me dit les choses, c'est différent, justement parce que c'est elle. Alors à peine raccrochée avec elle, j'appelle ma maman qui à l'instant où elle a décroché a crû que je lui avais fait une surprise que je l'attendais dans le jardin comme je l'avais fait tant de fois jusqu'à présent. Mais sauf que cette fois-ci, je l'appelais depuis chez moi, elle était triste, je le sentais bien dans sa voix, certainement déçue aussi parce qu'elle avit dû tout programmé pour que je passe un super week-end et qu'elle me concocte tous mes petits plats préférés. Alors, j'ai pas su résister, je lui ai dis: "Je suis malade, j'ai mal à la gorge et en plus, je ne peux me plaindre à personne, ni même me faire chouchouter, je prends le premier train pour venir te rejoindre. Dis tu viendras me chercher?"

Et c'est après que tout s'est enchainé. Jeudi, C. s'occupait de sa maman, son papa étant hospitalisé. Vendredi, elle retourna travailler parce que la France n'est pas uniquement peuplée de fonctionnaires. C. me manque terriblement. Je fais le parallèle avec la semaine précédente et ces 23h39 avec elle qui se passèrent si merveilleusement bien. Et puis, la situation de son papa à l'hôpital se complique, s'aggrave, tout s'enchâine très vite. On lui donne 72heures maximum. Même pas 24heures après cette effroyable échéance, le papa de mon adorée nous a quitté. Samedi 06h30: je reçois un Sms de sa part qui me fait part du fait qu'il est décédé dans le courant de la nuit. Je crois que ça ne m'était pas arrivé depuis mes 9 ans quand je pleurais quand mon grand frère était triste, quand j'aurais tout donné pour que je souffre moi plutôt que lui. Et là, c'était exactement pareil, son papa, je ne le connaissais pas, mais sur mes joues c'étaient bien des larmes qui coulaient. J'ai jamais été autant peiné de ma vie à l'annonce d'un décès que ce jour là. Parce qu'on ne pouvait pas faire plus de mal à l'être que j'aime du plus profond de mon coeur qu'en lui enlevant définitivement l'un de ses parents. Il n'y a pas de choses plus injustes et intolérables que la mort.

Je me suis retrouvée désemparée. Je ne savais plus quoi dire, quoi lui écrire. Parce qu'aucun mot ne peut réconforter. J'aurais pu lui dire, tu as eu la chance de vivre avec lui des moments exceptionnels pendant 42 ans, mais un être cher part toujours trop tôt. J'aurais pu lui dire, c'est une étape incontournable de la vie, tu es une femme maintenant mais non, elle est ... une femme qui a perdu son papa. J'aurais pu lui dire, le temps apaisera ta peine mais si le temps passe, l'absence reste. J'aurais pu lui dire, il ne souffre plus dorénavant, il est au Paradis avec tous ceux qui sont partis avant lui et toutes ces phrases qu'on entend dans ces cas là, comme toutes mes condoléances qui est la formule la plus vide de sens. J'aurais aimé trouver les mots ... mais je n'y arrivais pas. Parce que dans ces moments là, ce que j'aurais vraiment aimé, c'est la serrer très, très, très, très fort dans mes bras, la laisser poser sa tête sur mon épaule, essuyer une à une ses larmes tout en lui susurrant à l'oreille, TOUT ce que je ressens pour elle, à quel point son père devait être formidable pour avoir pu donner naissance puis élever une femme aussi exceptionnelle qu'elle. Mais le problème, c'est que mes bras devaient bien être à ce moment là à 900 km d'elle.

Bien sûr, j'ai eu aussi peur pour moi, parce que ces derniers mois, on dirait que le sort s'acharne sur elle et à chaque mauvaise nouvelle, j'étais effacé de sa vie d'un revers de la main. Mais je n'y ai pas pensé tout de suite et puis je crois que je me forçais à écarter l'idée parce que ce qui comptait et ce qui compte toujours, ce n'est pas moi, mais elle. Peu importe la décision qu'elle prendrait vis-à-vis de moi, tout ce dont j'avais envie c'était: être à ses côtés dans cette terrible épreuve.

pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvée face à la page blanche. Une grande carte de condoléances que j'ai bien dû appréhender pendant plus de 3 heures avant de pouvoir y inscrire le premier mot: son prénom! Et puis des heures et des heures de réflexion, des dizaines de pages de brouillon pour tenter de retranscrire ce que j'ai sur le coeur sur cette si petite carte. Ne pas pouvoir lui écrire: Je t'aime alors que c'est la seule chose que j'ai envie de lui hurler... Il n'y a pas un instant sans que je ne pense à elle, à ce qu'elle fait, à sa peine, à mon envie de la rejoindre, à ne pas pouvoir supporter de la savoir triste....

Voilà, mon amour, je tenais à te le dire, JE T'AIME, tu as raison un papa ou une maman, on en a qu'un dans une vie et il faut savoir en profiter à chaque instant avant qu'il ne soit trop tard. Mais malheureusement comme cette phrase que tu as formulé le premier soir où nous nous sommes rencontrées: "Tu as le choix entre ... et ...". Cette phrase qui a sonné tellement vraie par la suite. Tout comme toi, je me serais largement passé de ce tragique exemple...